Cyberpresse

Le dimanche 29 avr 2007

Estonie: troisième nuit d'émeute à Tallinn

Tallinn

Plus de 150 personnes ont été interpellées samedi soir à Tallinn lors de la troisième nuit d'émeutes dans la capitale estonienne, consécutives à la décision du gouvernement de démonter un monument à la mémoire des soldats soviétiques morts durant la Seconde Guerre mondiale.

Selon la police, cette nuit a cependant été plus calme que les précédentes, aucun pillage n'étant cette fois à signaler à Tallinn.

En revanche, des incidents se sont produits dans plusieurs villes à majorité russophone, notamment à Narva, à la frontière russe, où 50 personnes, essentiellement des jeunes, ont été appréhendées par la police de manière préventive.

Par crainte d'une troisième nuit de violences, le ministère de l'Intérieur avait décrété samedi l'interdiction de la vente de boissons alcoolisées après 18h et envoyé des centaines de milliers de SMS aux détenteurs de téléphones portables pour leur demander de ne pas sortir de chez eux après la tombée de la nuit.

Il a également été fait appel à une «assistance volontaire à la police», à laquelle quelque 500 personnes avaient répondu dimanche matin.

Au total, plus d'un millier d'Estoniens ont été interpellés à l'issue de ces trois nuits d'émeutes, les plus graves qu'ait connues ce petit pays balte de 1,3 million d'habitants depuis son indépendance de l'Union soviétique en 1991.

La situation ne semble pas devoir s'apaiser rapidement. En effet, au lendemain du déboulonnage tôt vendredi matin de la statue du Soldat de Bronze, statue d'un soldat de l'Armée rouge qui se dressait au centre de Tallinn, les autorités ont commencé samedi les travaux d'excavation destinés à exhumer les restes d'une quinzaine de militaires soviétiques enterrés à proximité.

Ces troubles ont suscité l'irritation de Moscou et l'inquiétude de l'Union européenne, dont est membre l'Estonie depuis 2004. Le président russe Vladimir Poutine a exprimé sa «plus grande préoccupation» à propos de cette «situation de crise», dans un message adressé à la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.